Le petit soldat

Posté le Thursday 15 May 200822:49

A l’occasion de l’envoi de troupes françaises en Afghanistan, le souverainiste Dupont-Aignan avait exprimé son indignation dans les colonnes de 20 Minutes:

Nicolas Sarkozy souhaite renforcer la présence militaire française en Afghanistan. Y êtes-vous favorable?

Non, l’Afghanistan est un bourbier militaire. Tous les chefs d’Etat-major étrangers s’accordent à dire que la manière dont les Etats-Unis mènent la guerre conduit à l’échec. Et fait le jeu des talibans.

Un bourbier militaire ?

Afghan and security forces waited, and waited, for the Taliban Spring Offensive, but it never came. Gun battles with the Taliban were down 50 percent so far, compared to last year. Roadside bomb attacks were about the same. But Taliban casualties were up, as more Afghan and NATO forces went looking for them. Last year, 8,000 people died in Taliban violence. So far this year, the death toll is 1,200, indicating casualties for the year will be about half what they were last year. This year, a higher proportion of the dead are Taliban and al Qaeda, and a lower proportion civilians. While some Taliban commanders have tried to develop new tactics to reduce casualties (smaller units of Taliban, and avoiding contact with police and troops), nothing has worked. The Afghan army is larger (76,000 troops) and better trained than last year, and there are more foreign troops. Worst of all, more tribal leaders have sided with the government this year, meaning tribal militias are also ready to fight Taliban moving through previously pro-Taliban territory.

This year the Taliban switched to terror bombings, and threats against civilians. The suicide bombing campaign has not been very successful. This year’s threats involve demands that civilians limit cell phone use, stop watching TV and shut down schools for girls. None of these demands were very popular, and nothing much happened except in areas where the tribal leaders were too scared to stand up to the Taliban. This depended more on tribal politics than anything else.

Moins de civils tués, plus de talibans morts, les chefs de tribus prennent le parti du gouvernement… on dirait plutôt que la même tactique mise en oeuvre en Iraq avec “The Surge” est en train d’être appliquée en Afghanistan, avec le même succès.

Ca n’empêche pas Dupont-Aignan d’affirmer le contraire:

Nicolas Sarkozy ne peut pas ne pas le savoir. Il s’agit donc d’une décision politique dont le seul objectif est de donner des gages aux Etats-Unis avant le sommet de l’Otan de Bucarest. Il s’agit d’un contre-sens historique majeur qui rompt avec 50 ans de politique étrangère indépendante de la France. Notre pays devient le petit soldat de l’Amérique. L’Allemagne, plus sage, refuse, elle, cette aventure militaire qui nous mène au casse-pipe. Nous avons besoin au contraire d’une politique de défense européenne indépendante dans un monde qui devient multipolaire. Il nous faut nous détacher de l’Otan, renforcer nos relations avec la Russie et éviter le choc des civilisations.

Un contre-sens historique. Comme si l’Histoire future devait être écrite en répétant le passé! La politique européenne de défense a toujours été une farce, car aucun pays européen ne veut investir dans sa sécurité. Qu’il est tellement plus simple de laisser l’Amérique payer, en sacrifices humains et financiers, tout en restant assis bien au chaud chez soi à critiquer le “bourbier” dans lequel cette Amérique s’est embarquée! Bien sûr, comme cet imbécile de Dupont-Aignan le souligne par inadvertance, l’alternative à l’alliance avec l’Amérique c’est l’alliance avec la Russie, avec ce grand démocrate de Poutine! Ah c’est sûr qu’avec Poutine on est plus dans la tradition française des compromis avec des salauds pour quelques barils de plus, pour quelques contrats juteux, ventes de missiles ou d’Airbus, de centrales nucléaires.

Toujours à côté de la plaque, Dupont-Aignan continue:

Il existe une réelle présence de réseaux terroristes en Afghanistan. Que préconisez-vous donc pour les combattre?

Il faut un mini-plan Marshall pour l’Afghanistan et non pas une armée d’occupation. Des crédits sont nécesssaires pour assurer le développement. Sur le plan militaire, il faut une armée beaucoup plus en liaison avec la population et qui cesse de soutenir les seigneurs de la guerre. De surcroît, la situation aujourd’hui se joue davantage au Pakistan qu’en Afghanistan. Les Etats-Unis, trop occupés en Irak, ont échoué à aller jusqu’au bout de la mission que leur a confiée l’ONU: remettre sur pied l’Afghanistan.

Parce que l’armée américaine ne construit ni écoles ni routes ? Parce que l’armée afghane serait coupée de la population ? Evidemment, tout ça c’est de la faute aux Ricains, mais au fait le mandat de l’ONU, il n’est valable que pour les Etats-Unis ? Pas pour tous les pays membres ? Que font les autres avec leurs belles idées ? Comme d’habitude la réponse est simple:

Cela signifie-t-il que vous êtes favorable à un désengagement définitif de l’armée française?

Non, il faut trouver un juste milieu et organiser une conférence internationale. Mais, en tous les cas, ne prenons pas d’initiative avant de savoir qui sera le prochain président américain. Nicolas Sarkozy doit cesser de s’aligner sur les positions de monsieur Bush.

Il suffit d’organiser une conférence internationale et les problèmes s’envoleront. En voilà un qui s’entendra bien avec Barak Obama.

Combien de temps pour Kim ?

Posté le 22:23

Le régime nord-coréen n’en a plus pour très longtemps, et la Chine le sait bien:

For the last four years, China has been holding an increasing number of exercises to test their ability to come to the aid of North Korea, in the event of a war with South Korea (and the United States). Or in the event of a collapse of the North Korean government. More Chinese ground units have been moved to areas just across the Yalu river from North Korea (and many of the troops set to work guarding the border against the growing number of desperate North Koreans trying to get out.) There have also been exercises with engineers practicing erecting bridges across the rivers that form most of the border between North Korea and China (on the assumption that U.S. or South Korean warplanes would quickly destroy the existing bridges.) The latest development has been the deployment of Su-27 fighters (the most modern in the Chinese Air Force) to the border area. Formerly, most of these Su-27s were stationed near the coast opposite Taiwan.

Les soldats chinois empêchent à la fois un afflux de réfugiés économiques/politiques et retardent la chute du régime nord-coréen, et en cas de chute pourront “envahir” ou secourir la Corée du Nord, et peut-être empêcher le pire (par exemple des attaques suicides sur le Japon ou la Corée du Sud par des généraux avec des missiles en rab, dissémination de matériel nucléaire…).

Toujours est-il que la Corée du Nord va tomber, et de même que du jour au lendemain l’URSS a cessé d’être on se réveillera avec une Corée du Nord sans tyran (et pas forcément libre).

Al Sadr gagne encore

Posté le Wednesday 14 May 200822:50

Avec les médias c’est pile les Américains perdent face leurs adversaires gagnent:

Al-Sadr Wins Another Round

For the first time in weeks Sadr City saw no fighting Sunday, day one of yet another hastily brokered cease-fire between U.S.-backed Iraqi forces and the Shi’ite Mahdi Army militia.

Word of the pact emerged Saturday night, when an aide to Mahdi Army leader Muqtada al-Sadr said a deal had been reached to end roughly two months of street fighting in eastern Baghdad. Soon afterward, U.S. and Iraqi officials endorsed the agreement, which came as Iraqi forces working with U.S. troops were signaling plans for a new push to break from areas where they had remained stuck for weeks. Details of the cease-fire remain largely unclear beyond an immediate end to the battles that have displaced thousands of residents from the Mahdi Army stronghold of Sadr City, a vast slum home to more than 2 million people.

In announcing the deal, al-Sadr aide Sheik Salah al-Obeidi said the agreement, “stipulates that the Mahdi Army will stop fighting in Sadr City and will stop displaying arms in public. In return, the government will stop random raids against al-Sadr followers and open all closed roads that lead to Sadr City.”

Al-Obeidi, who issued a statement from the southern Iraqi city of Najaf, added: “This document does not call for disbanding al-Mahdi Army or laying down their arms.”

The fact that a leading figure in al-Sadr’s ranks announced the deal and pointedly rejected the Iraqi government’s key demand to disarm suggests that the cleric is still controlling the agenda tactically and politically despite the most serious challenge his power the Iraqi government could muster. Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki set out to break the back of the Mahdi Army in March, when he launched an offensive against areas the militia controls in the southern city of Basra. The Mahdi Army fought Iraqi forces to a standstill there while unleashing a daily hail of rockets and mortars on the Green Zone that left al-Maliki’s government effectively the ones under siege. And when U.S. and Iraqi troops tried to press into Sadr City to chase the militia’s mortar men and rocketeers, they barely managed to establish a foothold on the southern edge of the neighborhood before the situation stalemated.

How long this new cease-fire will last is uncertain. Al-Sadr declared a cease-fire unilaterally last year only to see al-Maliki ignore it with the initial strike in Basra. But one thing is clear: the latest pause in the running fight between al-Sadr and the U.S.-backed Iraqi government offers no visible solutions to the problems at the root of the conflict. Al-Maliki wants to disband the Mahdi Army, or at least de-fang it, before provincial elections in the fall. The bloody nose the Mahdi Army gave al-Maliki in the latest crisis shows how unlikely that is. Above all, al-Sadr still wants the Americans to go. But the inability of Iraqi forces to operate independently during the recent fighting shows how unlikely that is - unless a new White House decides to reduce military support for an Iraqi government still unable to face down its toughest foe.

Hé ben, quel tissu de conneries. Pas loin de 600 combattants de l’armée du Madhi sont morts dans le dernier mois:

A total of 593 Mahdi Army fighters have been confirmed killed in and around Sadr City since March 25, according to numbers compiled by The Long War Journal. More than one-quarter of the Mahdi Army fighters killed have been killed in US airstrikes.

Et l‘accord signé par Al Sadr précise que:

• The Iraqi government and the Mahdi Army would observe a four-day cease-fire.
• At the end of the cease-fire, Iraqi forces would be allowed to enter Sadr City and conduct arrests if warrants have been issued, or if the Mahdi Army is in possession of medium or heavy weapons (rocket-propelled grenades, rockets, mortars).
• The Mahdi Army and the Sadrist bloc must recognize the Iraqi government has control over the security situation and has the authority to move security forces to impose the law.
• The Mahdi Army would end all attacks, including mortar and rockets strikes against the International Zone.
• The Mahdi Army must clear Sadr City of roadside bombs.
• The Mahdi Army must close all “illegal courthouses.”
• The Iraqi government would reopen the entrances to Sadr City.
• The Iraqi government would provide humanitarian aid to the residents of Sadr City.

Donc Al Sadr dépose les armes, l’armée iraqienne fait la loi à Sadr City, perd 600 hommes. C’est une victoire ça ? Pour qui ?

Epilogue temporaire

Posté le 22:15

Le gouvernement libanais capitule:

Le gouvernement libanais a annoncé mercredi l’annulation des mesures prises contre le Hezbollah, qui avaient conduit aux pires affrontements intercommunautaires au Liban depuis la fin de la guerre civile dans ce pays en 1990.

“Afin de faciliter les négociations de la délégation de la Ligue arabe et pour préserver l’unité nationale et la sécurité des citoyens, le gouvernement a décidé d’accepter la proposition du chef de l’armée et d’annuler les décisions”, a annoncé le ministre de l’Information, Ghazi Aridi, à l’issue d’une réunion du gouvernement.

D’intenses tirs de joie ont éclaté à Beyrouth à la suite de cette décision.

Le gouvernement avait annoncé le 6 mai son intention d’enquêter sur un réseau parallèle de télécommunications mis en place par le Hezbollah, et avait limogé le directeur de la sécurité de l’aéroport, présenté comme un proche du parti chiite.

Ces deux mesures, après 18 mois de crise politique, avaient déclenché une flambée de violences. Des hommes armés de l’opposition chiite avaient pris d’assaut l’ouest de Beyrouth, défendu par des partisans sunnites du gouvernement.

Après deux jours de combats, l’armée avait gelé le 10 mai les mesures gouvernementales et les hommes armés s’étaient retirés des rues.

Le Hezbollah fait donc sa propre loi au Liban.

Le Hezbollah prend le contrôle

Posté le Sunday 11 May 200815:53

e Hezbollah est en passe de réussir un coup de maître, quasiment sans effusion de sang, au Liban: prendre le contrôle du pays.

D’abord le ministre des Télécommunications s’élève contre le réseau parallèle construit par l’Iran et le Hezbollah, le déclarant illégal, ce à quoi Nasrallah a répondu: “c’est une déclaration de guerre”:

Gunfire broke out in downtown Beirut on Thursday after Hezbollah leader Hassan Nasrallah said recent government actions amount to “a declaration of open war.”

Et le Hezbollah a mené sa première bataille, victorieusement:

Western Beirut fell under the control of opposition Hezbollah militias Friday in what amounted to an army-negotiated surrender of pro-government positions, Lebanese Internal Security Forces and Western military observers said.

Mais ce n’est pas tout: le Hezbollah contrôle maintenant les médias au Liban:

The developments came as two pro-government television stations — Future TV and al-Ekhbariya TV — ceased operations Friday. They went off the air after being threatened by government opponents in Hezbollah, the Iranian-backed Shiite Muslim militia, and Amal, a major Shiite party in Lebanon, according to Nadim Mounla, head of Future TV.

“Early this morning, many armed militiamen were in the surroundings of the Future television headquarters and they have sent us a very clear message: ‘Either you shut off or (we’re going to) destroy the premises,’” Mounla said.

The television stations are owned by the Hariri family, supporters of the country’s pro-Western, Sunni-led government. In addition, the building housing the Hariri-owned al-Mustaqbal newspaper came under fire overnight. No injuries were reported.

Mais l’honneur est sauf pour l’armée:

L’opposition se retire de l’ouest de Beyrouth à l’appel de l’armée

Et quand on y regarde de plus près, “l’opposition” (nouveau nom du Hezbollah semble-t-il) a dicté ses conditions à l’armée:

Le Hezbollah et ses alliés de l’opposition ont commencé samedi à retirer leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth conquis la veille, à l’appel de l’armée à qui le gouvernement s’en est remis pour rétablir “la paix civile”.

Cette mesure intervient également après que l’armée eut annoncé qu’elle gelait de récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah [...]

Armée dont d’ailleurs la loyauté laisse très sérieusement à désirer:

[...] les soldats libanais ont fait montre d’une extrême passivité, à plusieurs reprises montrée du doigt. «Non, ce n’est pas un feu de camp que ce soldat contemple dans une parfaite passivité», légendait ainsi cette semaine «L’Orient-Le Jour», quotidien francophone proche de la majorité, sous une photo de militaire inactif devant un barrage de pneus en feu.

[...]

le chef de l’armée énonce clairement:  «Nous sommes les protecteurs de la Résistance (autre nom donné au Hezbollah, ndlr), parce qu’elle a libéré la patrie.» Bien sûr, l’affirmation s’inscrit dans le contexte du conflit libano-israélien, mais, à l’aune des affrontements de ces derniers jours, peu ou pas entravés par les militaires libanais, elle prend une autre résonnance.

En résumé: l’armée n’est pas fiable, fragilisée en interne, incapable militairement de s’opposer au Hezbollah, celui-ci contrôle les médias, le gouvernement a fait appel à l’armée et ses décisions ont été invalidées… Bref le Hezbollah est en train de réussir à démolir pour de bon l’Etat libanais. Qu’on ne s’y trompe pas: le Hezbollah est en train de mener un coup d’Etat. Et qui va les en empêcher ?

Israël doit se suicider

Posté le 00:41

A l’occasion du 60ème anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, je suis tombé sur le titre suivant:

« Israël doit relever le défi de la paix »

Dès qu’on a lu ce titre, on sait que le reste de l’article va être un tissu de conneries:

Alain Dieckhoff, directeur de recherche au Ceni-Science-Po. Directeur de l’ouvrage L’Etat d’Israël (éd. Fayard), il analyse 60 ans d’histoire de l’Etat hébreu…

Le projet sioniste, dont Israël est l’aboutissement, visait la normalisation. Israël est-il considéré aujourd’hui comme un pays comme un autre ?

Cela dépend de quel point de vue on se place. C’est un pays comme un autre dans la mesure où c’est un Etat de droit, doté d’institutions, d’une structure économique assez saine, etc. Il ressemble en cela aux pays occidentaux. Mais il est différent car il reste engagé dans une confrontation militaire avec ses voisins, que ce soit la Syrie ou les Palestiniens. Ce n’est pas une guerre vive, mais il n’y a pas de paix. Autre différence : c’est le seul Etat au monde qui défend une identité collective juive.

L’Etat d’Israël est engagé dans une confrontation militaire avec ses voisins ou l’inverse ? Pourquoi Israël, un pays minuscule, avec une population ridicule au regard de ses voisins, entretiendrait des hostilités envers ses voisins ? Imaginez la Suisse face au reste de l’Europe. Vous imaginez les Suisses se “confronter” avec la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, sans compter le soutien de l’Angleterre la Norvège l’Espagne et la Belgique ? Absurde ? Evidemment. Continuons l’expérience: la Suisse aurait repoussé par 4 fois en 40 ans le reste de l’Europe. Fou ? Israël a mis en échec toutes les armées moyen-orientales tournées contre elle. A chaque confrontation majeure. Israël n’est pas un pays en état de guerre. Ses voisins sont en état de guerre contre lui.

Israël est à la fois un Etat démocratique et juif. Est-ce contradictoire ?

Oui, aux yeux de la minorité arabe [20 % de la population], pour qui cette dualité ne va pas sans tension. Mais pour les juifs, non, ce n’est pas contradictoire.

La question est aberrante: pourquoi juif et démocratique serait contradictoire ? Les Arabes Israëliens ont le droit de vote. La religion ne définit pas la citoyenneté en Israël. Par contre, poser la question “xxx est un état à la fois musulman et démocratique, est-ce contradictoire” est déjà plus légitime, quand on compte le nombre de démocraties dans le monde musulman.

Soixante ans après, quelle légitimité le pays a-t-il sur la scène internationale ?

Il entretient des relations diplomatiques avec 161 pays, alors qu’en 1948, il n’en avait qu’avec des pays européens et les Amériques. Mais Israël ne pourra obtenir une pleine légitimité qu’en relevant le défi de la paix avec les Palestiniens. Israël est mal perçu par les opinions publiques à cause de la persistance du conflit israélo-palestinien. Son image deviendrait positive si un règlement équitable entre les deux parties était conclu. C’est le plus important et le plus urgent, même si cela semble difficile aujourd’hui.

La légitimité internationale d’Israël, c’est Tsahal et des armes atomiques avant tout. Israël sans armes, c’est comme sur les cartes du Hamas ou du Fatah: ça n’existe pas, ça s’appelle “Palestine”.

Et pour savoir comment l‘Etat “juif” traite la religion juive, il suffit de lire le Jerusalem Post:

The IDF razed a synagogue overnight Saturday which was illegally built on land defined as a “closed military zone” in Hebron, Israel Radio reported on Sunday.

Voilà comment. Tsahal, après avoir évacué de force les Israëliens installés depuis plusieurs décennies à Gaza, rase une synagogue à Hebron. Pour faire une guerre, il suffit d’un seul camp. Pour faire la paix, il faut être deux. Ce n’est pas à Israël de faire la paix.

Obama veut gagner aux Etats-Unis pour perdre en Iraq

Posté le Saturday 10 May 200800:37

Plus les forces de sa milice prendront une râclée, moins la couverture médiatique sera intense. Telle est la loi concernant l’Iraq: si des terroristes sont tués, le titre est “Intenses combats xx victimes”, si des Américains meurent “x soldats américains tués”.

Toujours est-il que cela n’empêche pas les troupes US et Iraqiennes de faire leur boulot. Et ça ne ferait que commencer. Avec 4 ans de retard ? Et au fait, il se cache où Al Sadr ?

Bien sûr, seule l’idéologie rentrant en ligne de compte dans la prise de décision des Démocrates, Obama continue de déclarer qu’il retirera les troupes américaines d’Iraq:

the heroes on their third and fourth and fifth tour of duty – they can’t afford four more years of a war that should’ve never been authorized and never been waged. They can’t afford four more years of our veterans returning to broken-down barracks and substandard care. They need us to end a war that isn’t making us safer. They need us to treat them with the care and respect they deserve. That’s why I’m running for President.

Les héros choisissent de retourner pour un 4 ou 5ème “tour of duty” (une période de déploiement au combat). Il veut les remercier de leurs sacrifices en les rendant totalement vains ? Et il ajoute:

The other side can label and name-call all they want, but I trust the American people to recognize that it’s not surrender to end the war in Iraq so that we can rebuild our military and go after al Qaeda’s leaders. I trust the American people to understand that it’s not weakness, but wisdom to talk not just to our friends, but our enemies – like Roosevelt did, and Kennedy did, and Truman did.

Ce n’est pas agiter le drapeau blanc que de plier bagage ? Alors qu’est-ce que c’est ? Une invitation à boire le thé ? Il cite des Démocrates ayant “discuté avec leurs ennemis”: Roosevelt a envoyé les GI’s sur les plages de Normandie. Truman a autorisé le bombardement nucléaire du Japon. Kennedy, qui a envoyé les premières troupes US au Viêtnam, a menacé de guerre nucléaire l’URSS à propos des missiles à Cuba. Vous appelez ça des discussions vous ? Trois Démocrates avec des cojones. Chacun leur tour, ils ont fait leur devoir, et ont envoyé à la mort des centaines de milliers de personnes au passage. Obama promet d’envoyer à la mort des centaines de milliers d’Iraqiens (dans un premier temps) alors que les succès s’accumulent en Iraq. Et une défaite américaine.

Plus tard, son successeur devra prendre une décision. Après l’attaque de Tel Aviv par l’Iran (500.000 morts à l’impact), et la riposte israëlienne (3 millions de morts, Téhéran, Mashhad, Ispahan, Tabriz, Shiraz rasées), alors que toute production pétrolière a cessé dans le Golfe, que l’armée américaine s’est “repliée” sur Djibouti, Guam et Okinawa, doit-il envoyer une flotte de débarquement en Arabie Saoudite pour sécuriser les puits ? Combien de temps cela prendra ? Comment assurer la sécurité des troupes US dans le détroit d’Ormuz ? Que va faire la Chine ? Doit-il appeler le dirigeant chinois pour lui demander de mener une opération militaire conjointe ? Celui-ci va plutôt lui répondre: “ok, vous avez l’Arabie Saoudite, moi j’ai Taïwan”. Et la Russie poutinienne dans tout ça ? Pendant que les Européens déploreront la “riposte disproportionnée” d’Israël à l’attaque iranienne…

Quatre ans après Kerry, les Démocrates US n’ont pas changé. Pourvu que les Américains non plus.

Al Sadr prend une râclée

Posté le Sunday 4 May 200823:02

Mais vous ne lirez pas ces termes dans les médias. Pourtant c’est assez clair quand on suit les infos (j’utilise google reader pour lire le fil rss monde de 20minutes.fr). Rappel des évènements:

Et encore, dans cette chronologie je n’ai pas conservé les articles intitulés “le gouvernement iraqien joue sa survie contre Al Sadr” et les articles clamant la “victoire” sadriste. Non, je voulais juste quelques chiffres. Tous les jours Sadr perd 10, 20, 30 ou 40 de ses miliciens. Le gouvernement iraqien n’en perd pas autant. Et a à sa disposition des moyens autrement plus importants que ceux d’Al Sadr. Et comme avec tous les groupes terroristes/mafieux, quand on y a goutéon souhaite vite s’en défaire.

Le problème iranien en Iraq est en cours de règlement, du moins, en partie.

Ca a bien marché

Posté le 22:27

Parmi les “scandales” des dernières semaines, en voici un particulièrement pathétique:

L’administration Bush a manipulé les analystes télé militaires, selon la presse
L’administration du président américain George W. Bush a organisé une vaste entreprise de manipulation des analystes militaires travaillant à la télévision pour obtenir une couverture favorable de la guerre en Irak, affirme le New York Times dimanche.

Dans cette entreprise, l’administration a exploité d’une part la loyauté idéologique et militaire de ces analystes, qui sont souvent des gradés de l’armée à la retraite, affirme le quotidien dans une longue enquête.

Elle a d’autre part utilisé un puissant levier financier, à savoir les liens que ces analystes entretiennent avec les entreprises militaires impliquées dans les politiques militaires même qu’ils sont chargés d’évaluer à la télévision.

[etc...]

Ces dossiers révèlent une relation symbiotique où la ligne de partage habituelle entre gouvernement et journaliste est brouillée, souligne le quotidien.

Pour continuer à avoir accès à des informations privilégiées, des analystes militaires auraient volontairement donné une vision partiale de la bataille d’Iraq. Les analystes ne sont pas dupes: leur accès à l’information dépend de leur couverture (positive/négative), et leur employabilité dépend aussi de l’accès à de l’information privilégiée. Ils ont donc intérêt à relayer les informations positives, à oublier les autres. Et puis ce sont des anciens de la maison…
Rien d’illégal, rien de très surprenant non plus. La vraie question est: pourquoi ne pas en avoir fait plus, au vu de l’échec retentissant de cette campagne auprès des médias mêmes ? Mais peut-être est-ce tout simplement parce que les médias sont dans l’autre camp

Enfin

Posté le Friday 11 April 200808:58

J’ai reçu la lettre de l’ambassade canadienne: mon dossier sera traité dans un délai de 5 à 9 mois, après quoi mon visa sera délivré. Leurs fonctionnaires ne sont pas plus efficaces que les notres, et je sais très bien que là bas tout est loin d’être rose, je vais vers le moins pire, tout simplement. Et j’ai encore pris des piqures de rappel cette semaine au cours de déjeuners d’affaire, où j’ai entendu des discours sur “le capitalisme délocalisateur destructeur” (je résume) et un autre sur la nécessité impérieuse de l’impôt et des sévices publics associés. Tout ça par des cadres grassement payés, bien éduqués, dans des secteurs florissants, avec des perspectives excellentes, dans le cadre de restaus parisiens sympathiques…

Décidément je ne suis pas Français.

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